DE L’INNOVATION PROPRE À LA PERSONNALITE JURIDIQUE DES ROBOTS PAR ANNE BORMANS AVOCAT AU BARREAU DE PARIS & EG3 PARIS FILM FESTIVAL BRAND DIRECTOR.

EG3 PARIS. - Copie

DE L’INNOVATION PROPRE À LA PERSONNALITE JURIDIQUE DES ROBOTS PAR ANNE BORMANS AVOCAT AU BARREAU DE PARIS & EG3 PARIS FILM FESTIVAL BRAND DIRECTOR.

Peut-on imaginer une « croissance verte » dans un monde dominé par les intelligences artificielles dont on nous explique qu’elles deviennent chaque jour si puissantes que bientôt nos pauvres cerveaux de chair seront, non seulement dépassés, mais soumis à ces nouvelles puissances dotées d’une conscience propre ?

La première édition de EG3, Ethics – Governance – Green Growth, festival cinématographique qui se tiendra à Paris les 26, 27 et 28 juin 2018, attend des réalisateurs et des producteurs qu’ils apportent, sinon des réponses, des perspectives, des témoignages, sur le fossé qui existe entre ceux qui bénéficient de la mondialisation, du développement durable et ceux qui en sont exclus.

Cette première édition a l’ambition de devenir un jalon important dans le débat international sur la manière de faire fonctionner mondialisation et croissance verte, éthique et bonnes pratiques en matière de gouvernance.

L’écrasant pouvoir des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) – Mark Zuckerberg pourrait être le prochain président des Etats-Unis quand Bill Gates et sa fondation sortent l’Afrique à eux seuls des fléaux de la maladie, avec des campagnes de vaccination massive, et de la misère avec l’enseignement des enfants, – nécessite une réflexion sans précédent sur l’impact de ces sociétés milliardaires en possession de toutes nos données personnelles.

Ainsi que le martèle le Docteur Laurent Alexandre dans son ouvrage « La guerre des intelligences, intelligence artificielle versus intelligence humaine » (JC Lattès Septembre 2017), l’Europe, prise en étau entre ces « nouveaux maîtres du monde », les chinois sont également dans la course avec les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi), qui n’est dotée d’aucune société concurrente, va se retrouver très vite exclue de la course à la modernisation. Et de quelle modernisation parle-t-on ?

L’auteur qui fit entrer les robots dans la littérature, Isaac ASIMOV a voulu montrer un robot enclin au doute et à la contradiction en édictant ses fameuses 3 lois des robots : « 1ère loi un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger ; 2nde loi un robot doit obéir aux ordres donnés par les être humains sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la 1ère loi, enfin, 3ème loi un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la 1ère ou la 2nde  loi » (Isaac Asimov, Le Cycle des robots Tome 1).

Aujourd’hui, des ingénieurs informatiques, spécialistes des interactions Homme-Machine, travaillent sur ces lois, et partant du principe que les robots sont capables d’apprentissage et en constante interaction avec nous, ils devront être soumis à des règles morales comme la loyauté, la bienveillance et pourquoi pas selon certains à l’humour (Dominique Leglu, sciences et avenir 16 septembre 2016).

Chaque jour nous sommes bombardés de situations apparemment inédites. C’est Ross le robot-avocat qui parcourt en 3 secondes 200 millions de pages, c’est Heliograf le robot journaliste qui publie 850 articles en un an pour le Washington Post, c’est Amper le robot qui produit et crée de la musique en collaboration avec une jeune chanteuse.

Les enjeux sont considérables pour la planète entière. Ces sociétés sont détentrices d’absolument toutes nos données personnelles, elles nourrissent chaque jour un peu plus les IA, au point que la question de l’attribution d’une personnalité juridique aux robots est désormais très sérieusement envisagée par les institutions européennes elles-mêmes.

La direction générale des politiques internes, affaires juridiques, du parlement européen à rendu en 2016, un rapport sur ce que pourraient être « Les futures règles européennes de droit civil en robotique ».

Il est fait explicitement référence aux 3 lois d’Asimov, sous le titre « Les questions de la conscience et de la place des lois d’Asimov en robotique » (page 14 du rapport).

Si les auteurs entendent se situer dans une perspective un peu plus sérieuse, ils n’en concluent pas moins ceci : «  Il nous apparaît ainsi indispensable d’instaurer un principe selon lequel toute recherche scientifique destinée à rendre conscient un robot ou ayant un tel effet de manière indirecte devrait relever d’un secteur potentiellement dangereux pour l’homme exigeant un encadrement strict » (page 15 du rapport).

Enfin, s’agissant de la proposition tendant à mettre en place un régime de responsabilité juridique du robot, les conclusions des auteurs du rapport sont très claires « la question ne saurait se régler en attribuant une personnalité juridique au robot ».

Pour l’instant.

Trente ans après le premier volet, Blade Runner 2049 offre une suite au film culte de Ridley Scott. Le pitch est celui-ci : 2049, la planète terre est écologiquement ravagée, les eaux menacent de submerger Los Angeles, la plupart des habitants vivent dans des colonies installées dans l’espace et survivent grâce aux aliments génétiquement modifiés créés par la société Wallace qui fabrique également des réplicants nouvelle génération.

Les robots de 2049 contrairement à leurs ainés de 1982, sont en effet, désormais, des versions obéissantes des réplicants de 1982. Ils assurent les tâches dont les humains ne veulent plus ou qu’ils ne peuvent tout simplement plus exécuter.

Concomitamment à la sortie de ce film, Sophia, premier robot citoyen créée par la société hongkongaise Hanson Robotics, a donné sa propre conférence au Web summit fin Octobre 2017.

Sophia a obtenu à cette occasion la nationalité saoudienne.

Comme le note Leila Marchand dans son article pour Les Echos du 7 novembre 2017, « Sophia avait notamment fait parler d’elle lors d’une interview en 2016,  où elle avait parlé de détruire l’humanité. Cette fois, sur la scène du Web Summit, le robot s’est voulu plus rassurant, en profitant même pour placer une note d’humour.« Je sais que beaucoup craignent que les intelligences artificielles détruisent le monde ou prennent leur emploi. Mais nous, robots, ne sommes pas conçus pour détruire. En revanche, c’est vrai que l’on va prendre vos emplois. Mais ce serait une bonne chose », a-t-elle lancé, usant de multiples mimiques. »

On dit que la réalité dépasse la fiction, que peut-il donc advenir de cette planète d’ici 2049 ?

Rendez-vous à Paris les 26,27 et 28 juin 2018

Anne BORMANS

– Avocat au Barreau de PARIS & EG3 PARIS FILM FESTIVAL Brand Director –1j+ojlxEOMkWrGCqfwDig2mtjfKW71MQ2k+aglEvI3Ac+Ew1xHU7xas...oJJifhAE6VAJixYIdtBhiTInU40DyUQ8vnrYNIpGW35...xi8DVuA=


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s